GIARDIOSE

Giardiose

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1) Généralités

 La giardiose est une protozoose infectieuse de l'intestin grêle caractérisée cliniquement par le développement d'une entérite avec diarrhée chronique d'aspect stéatorrheuse.Les protozoaires du genre Giardia (syn. Lamblia) infectent des batraciens, (Giardia agilis) les reptiles ( G.muris), les oiseaux et les mammifères ( G.muris chez les rongeurs, G.duodenalis chez de nombreux mammifères dont l'homme.)
La giardiose est une protozoose de répartition cosmopolite, caractérisée par l'existence de porteurs sains qui constituent le réservoir du parasite.
Il s'agit d'une zoonose, bien que des souches adaptées à chaque espèce hôte soient distinguées.
Cette parasitose digestive est fréquente chez le chien et le chat, mais sous-estimée en clientèle vétérinaire, du fait notamment d'une dificulté du diagnostic, qui est basé sur l'examen coproscopique des selles.   TaxinomieGiardia duodenalis est un protozoaire flagellé ( Mastigophora), appartenant
à l'ordre des Diplomonadida ( présence d'une symétrie bilatérale du fait d'une
division longitudinale incomplète du parasite) et à la famille des Hexamitidae
 ( présence de 8 flagelles).   MorphologieCe protozoaire se présente sous deux formes, les trophozoites, formes actives,
 mesurant 6-8 x 12-15 µm, et munies d'un disque adhésif leur permettant de
 demeurer en surface des cellules épithéliales digestives; et les kystes végétatifs,
 émis dans les matières fécales et éléments de résistance et de contamination.
Les trophozoites sont rarement vus, exceptés lors d'examen direct de fèces fraîches.
Les kystes sont subsphériques, renferment 2 à 4 noyaux, ainsi que des résidus de
flagelles et de corps médian donnat l'impression de contenir un S au centre. Ces
 éléments correspondent à deux trophozoites incomplétement formés. Ils mesurent
7-10 x 8-12 µm. Les kystes ingérés par les carnivores libèreront chacun deux
 trophozoites.

   

2) Epidémiologie

 Les sources de parasites sont représentées par les animaux, ou l'homme, porteurs sains. L'infection se fait par ingestion des kystes.
Ceux-ci étant sensibles à la déssication et aux désinfectants usuels, ils sont surtout présents dnas les milieus humides ( potagers) et sont véhiculés par l'eau ou des aliments souillés ( légumes crus)
Ils résistent plusieurs semaines en milieu humide ( 2 mois à 8°, 1 mois à 21°, seulement 4  jours à 37°). Il est probables qu'à l'instar de ce qui est observé chez l'homme, toute immunodépression puisse favoriser une expression clinique suite à infection, ou provoquer le passage de l'état d'infecté latent à l'état infecté patent.
La giradiose est une protozoose du chien et du chat fréqunet en France, touchant les animaux de tout âge, avec une prévalence plus élevée chez les jeunes du sevrage à 2 ans. Elle peut évoluer sous forme "pseudoépizootique" dans les collectivités.
Les enquêtes épidémiologiques réalisées dans les élevages indiquent une prévalence pouvant aller jusqu'à 50% des chiens, tandis que la  quasi totalité des élevages sont concernés.
Ces chiffres sont identiques ou légèrement supérieurs à ce qui est noté en matière d'helminthose, ce qui fait dire que la giardose est l'une des parasitoses digestives les plus fréquentes chez les carnivores domestiques.

 

3) Etude clinique

 

Symptômes

Les carnivores ayant ingéré des kystes vont exprimer des symptômes en moyenne une semaine après infection, mais la durée de l'incubation est très variable d'un animal à l'autre, certains animaux n'exprimant aucun signe d'infection et devenant porteurs.
Deux formes sont possibles, une forme aiguë, la plus rare, et une forme chronique, la plus fréquente.   - La forme aiguë est caractérisée par l'apparition, parallèlement à une altération de l'état général, d'une diarrhée aqueuse, rebelle à tout traitement, de coliques et de ballonement. l'évolution reste généralement apyrétique.   - La forme chronique  est caractérisée par l'apparition d'une diarrhée pâteuse, malodorante, accompagnée d'une stéatorrhée, d'où la coloration souvent jaunâtre des selles, et leur aspect graisseux.
La fréquence des émissions est souvent augmentée: de 1 fois à 5-6 fois par jour. Une douleur abdominale est perceptible à la palpation.
L'état général de l'animal s'altère progressivement, un amaigrissement est noté. L'appétit est généralement conservé, et une soif importante accompagne ces symptômes.

Clinique

Le diagnostic clinique est impossible, seule la stéatorrhée et l'aspect chronique de la diarrhée, évoluant depuis plusieurs jours, voire plusierus semaines, entrecoupées de phase de rémission, permettent de suspecter une giardiose.
Le diagnostic différentiel doit être fait des entérites bactériennes, généralement pyrétiques, et, chez le jeune chien, d'une insuffisance pancréatique exocrine, donnant un tableau clinique tout à fait similaire.La confirmation repose sur la mise en évidence dans les selles des kystes de Giardia.Leur élimination peut être inconstante, d'où la nécessité lors d'un résultat coproscopique
négatif d'envisager une seconde analyse 7 jours plus tard environ.
L'élimination des kystes est généralement massive, et ils sont facilement mis en  évidence
par coproscopie microscopique après enrichissement.La technique de flottation, utilisant un liquide de forte densité, est plus usitée. des liquides
de flottation faciles à faire tels que le sulfate de magnésium de densité 1,28 ( 35 gr de
sulfate de magnésium pour 95 à 100 ml d'eau) ou le sulfate de zinc de densité 1,33 ( 33 g
de sulfate de zinc, 15 g d'acétate de zinc, eau 100 ml)  conviennent.
Une centrifugeuse n'est pas nécessaire, une méthode simple, et utilisable pour le dépistage
de tous parasite digestif, consiste à mélanger 1 g de matières fécales à 10 ml de solution
dense dans un tube à hémolyse, de poser une lamelle sur le tube, en contact avec le liquide.
An bour de 10 minutes, les éventuels kystes de protozoaires ou oeufs d'helminthes se sont
collés sur la face inférieure de la lamelle, il n'y a plus qu'à récuperer cette lamelle et la poser
sur une lame en vue d'une observation microscopique.Les kystes de giardia sont plus ou moins arrondis, de taille environ 8x 12µm, donc peu visibles à l'objectif 10 utilisés pour les oeufs d'helminthes, ils doivent être recherchés avec l'objectif 40.
Ils sont assez clairs, ont une coque lisse et mince, et renferment divers élémenets parfois peu discernables qui correspondent à 2 à 4 noyaux et à de sfragments de flagelles. Pour mieux les repérer, il est possible d'utiliser des colorants se fixant dans la paroi des kystes. leur structure interne est alors plus visible, et il est possible de les discerner dès l'observation de la lame au faible grossissement ( x 100= obj. 10).
Un colorant intéressant est la solution iodoiodurée, iodine ou lugol ( constitution iode sublimée 10 g, iodure de potassium 50 g, eau qsp 100 ml). Il suffit d'en ajouter une goutte et de regarder le prélèvement là où le colorant se répand. Ce dernier confère une teinte orangée très nette aux kystes de giardia.
L'iodine de colore pas les ookystes coccidiens ou les sporocytes, et permet donc de faciliter la diagnose des kystes de giardia.
Ces kystes peuvent aussi être recherchés dans le liquide d'aspiration duodénale lorsqu'une endoscopie est réalisée.
Cette méthode est beaucoup plus lourde que la coproscopie, pour une sensibilité qui ne semble pas meilleure.
Il existe des test  ELISA commercialisés en médecine humaine mettant en évidence des antigènes de giardia ( Gierdia Specific Antigen, GSA 65 kDa)  présents dans les matières fécales des individus infactés. Il s ne semblent pas aujourd'hui présenter un intérêt supérieure à la coproscopie.

  

 4) Traitement

 L'évolution est favorable après la mise en oeuvre d'un traitement symptomatique (pansements gastro-intestinaux, antispasmodiques) et étiologique. Ce dernier fait appel soit au métrodinazole, soit à certains benzimidazoles.
Le métronidazole est administré  par voie orale, 2 fois par jour, à la posologie de 20 mg/kg, pendnat 10 jours. Certains essais ont conclu à une efficacité de 67% ( 67% des carnivores guéris), et à l'existence de phénomènes d'intolérances tels que nausée, vomissement, ou ataxie.
Plus récemment, l'activité de quelques benzimidazoles a été suspectée avec une efficacité de 90 à 100 % dans certains essais. L'emploi de ces molécules pourraient être avantageux du fait de leur très bonne tolérance, même à des posologies élevées. Ainsi l'oxfendazole est actif à la posologie anthelminthique usuelle de 11,3 mg/kg, administré pendnat 3 jours de suite. L'albendazole semble efficace lors d'administration au chien 2 fois par jour à la posologie de 25 mg/kg pendant 2 jours, tandis que le fenbendazole l'est également lors d'utilisation à la posologie de 50 mg/kg pendant 3 jours.
Les échecs du traitement ou la persistance des kystes dans les fèces constatés lors d'essais réalisés en chenil sont pour la plupart imputables à des réinfections quasi immédiates. En effet, les chiens sous traitement continuent à ingérer des kystes qui évoluent très rapidement ( en 2 à 3 jours).
Lorsque les chiens sont mis dans le chenil (lavé et désinfecté), les traitements sont beaucoup plus efficaces. En ce qui concerne les chiens de propriétaires, les recontaminations sont beaucoup moins fréquentes, par conséquent les tratements donnent de bons résultats et les rechutes sont plus rares.

     Prophylaxie

La prophylaxie est limitée chez les carnivores, elle est surtout réalisée en matière de giardiose humaine par des mesures d'hygiène liées à l'eau de boison. En chatterie, comme en chenil, elle repose sur le fait de conserver les cages propres et sèches ( par élimination fréquentes des matières fécales), et de désinfecter des sols. Les kystes sont très sensibles aux ammoniums quaternaires (majorité des désinfectants du commerce), mais paraissent assez résistants au chlore (eau de javel). Lors d'épidémie, il est nécessaire de traiter non seulement les malades, mais aussi les animaux porteurs qu'il faudra dépister.

  Risque en santé publique

La giardiose est une zoonose intertransmissible même s'il semble exister des populations de parasites adaptés à tels ou tels hôtes .